MÂCON — ONE MAN SHOW Dieudonné en terrain conquis hier au Spot

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Dans son « Foxtrot », Dieudonné a dansé avec les mots et les idées. « Un pas vers le bien, un pas vers le mal ». Photo LHM
Dans son « Foxtrot », Dieudonné a dansé avec les mots et les idées. « Un pas vers le bien, un pas vers le mal ». Photo LHM

L’incorrigible provocateur s’est produit hier au Spot de Mâcon, devant un public conquis d’avance qui a ri à gorge déployée de son humour décapant.

 

Pour certains, il n’était pas le bienvenu. Trois associations du département avaient en effet tenté de faire pression sur le préfet et des responsables politiques pour annuler son spectacle. En vain.

Le très controversé Dieudonné était bel et bien sur la scène du Spot, hier soir à Mâcon. Et l’humoriste a même suscité une forte affluence en réunissant près de 2000 spectateurs.

Parmi le public de la salle mâconnaise : une grande majorité d’hommes dont de nombreux jeunes et finalement assez peu de curieux. En témoigne la standing ovation lancée par des fans invétérés, de véritables inconditionnels de “Dieudo” qui ont fourni des applaudissements nourris lorsque le comique a fait son entrée sur scène.

Ça taille à tour de bras

Dès les premières minutes de ce one-man-show cousu main, on pouvait sentir d’emblée que Dieudonné n’était pas là pour faire dans la dentelle.

Dans ce « Foxtrot » décapant, titre du spectacle en référence à la danse, il se paie la tête « du rêve américain ». « Il y a le rêve de base : africain et tout en haut le rêve américain. Il permet à chacun de devenir riche… Mais il vaut quand même mieux être un homme blanc et juif, si si c’est mieux », assure-t-il devant une salle hilare.

« Il y a bien eu le rêve allemand qui a essayé de s’interposer. Mais les Allemands sont beaucoup trop tendres, trop humanistes ».

Le ton est donné et le public rit de bon cœur à toutes ces vannes caustiques.

Des serials killers aux militaires, des Chinois aux Africains « qui dansent tout le temps », tout le monde y passe. Les politiques aussi, notamment les écolos avec leur « sauvegarde de la planète ». « Elle a 4 000 milliards d’années ta planète. Nous, on est là depuis avant-hier et on va lui sauver la vie ! Avec un tri sélectif et trois éoliennes ! T’as pas compris qu’on se fout de ta gueule ! »

Règlements de compte

Dieudonné était aussi là pour régler ses comptes. Avec Patrick Timsit par exemple, qui « s’est dit indigné pour la France qu’un homme comme moi puisse s’exprimer comme ça ». « Ça lui rappelle les années 30… Il n’était pas né mais il s’en souvient ». Fou rire général. « Mais en cas de retour des années 30, il ne faudra pas qu’il vienne se planquer dans ma cave ! »

Puis vient le moment du championnat de la victimisation où l’humoriste caricature les juifs, les Africains et les Antillais « qui n’ont rien à voir avec les Africains ». « Nous, nous sommes français, nous voulons garder le RSA ». Et les vannes se poursuivent de plus belle.

Quoique l’on en dise, cet incorrigible provocateur a le sens de la formule. Reste que pour des spectateurs non aguerris et peut-être peu enclins à l’humour « cru », il est sans doute difficile de faire abstraction de ce que l’on connaît de l’homme et de ses dérapages.

En tout cas lorsque l’humoriste devient borderline, mieux vaut se dire qu’il s’agit d’humour et bien que d’humour pour éviter le malaise.

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