Culture

« Adieu au paysan ?

par Pascal Ory

 

[…]

Ceci posé, la même accélération des tendances d’une économie planétaire dans ses dimensions spatiales et industrielle dans son mode de fonctionnement ne pouvait manquer d’accélérer aussi l’effacement du adieu-au-paysancultivateur, de l’éleveur à l’ancienne.

 

 

 

Au pire, il est condamné à l’exode rural, au mieux transformé en entrepreneur agro-alimentaire, élément d’une chaîne de production partant des laboratoires où s’élaborent les organismes génétiquement modifiés et aboutissant aux gondoles non de Venise mais des hypermarchés.

L’ethnologue Pascal Dibié a bien montré, dans son Village métamorphosé (Plon), publié vingt-sept ans après une première enquête dans le même village de l’Yonne, comment, derrière la façade de la continuité, toutes les étapes de la production végétale et animale, tous les genres de vie du monde agricole étaient, en effet, transformés en profondeur, entre bio-technologies et gestion informatique.

Alors, les carottes sont-elles cuites ? « La fin des paysans », prophétisée par la FNSEA moderniste des Trente Glorieuses, est-elle arrivée à bonne fin ? Ce qui se passe en ce moment même en Afrique, où l’effondrement des communautés rurales est désormais visible à l’œil nu, irait en ce sens.

Répondre à cette question suppose, une fois de plus, qu’on s’entende sur les mots. Ce qui meurt, c’est la ruralité. Un type de société qui comprenait beaucoup de non-agriculteurs mais qui demeurait dominé par le rapport à la terre. Il n’en restera bientôt plus – en Occident, pour commencer – que des « rurbains ». En même temps, il est tout aussi clair que, plus l’urbanisation s’impose, plus elle génère, par compensation, une attention aiguë à l’environnement de cette ville triomphante. Sous sa forme minimale, cette préoccupation fait du paysan un jardinier supérieur qui, en plus, nous produit des tomates atypiques. Mais ce n’est pas tout. Le travailleur de la terre est missionné par la masse de ses autres collègues – travailleurs du sous-sol, de l’usine, du service et de l’inutile indispensable – pour leur garantir, tout simplement, leur survie. » Lire l’article

 

Source : www.lejdc.fr

 

 

Publicités